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Salut à tous et merci pour
vos commentaires (Nico, je t'adore) ! Voici la suite de nos aventures péruviennes, on vous embrasse très fort et on souhaite un bon anniversaire à Christelle et Camille !
D'Arequipa la blanche, on est partis à Puno la rouge, ville de brique où aucune maison ne semble achevé, nous rappelant une gigantesque favela brésilienne accrochée à la montagne, dominant les
eaux vertes du lac Titicaca.
120 000 habitants. 3800 mètres d'altitude. La Bolivie quelque part au milieu du lac. Sur les hauteurs, des pumas et des condors en carton pâte regardent vers le large.
Le centre ville se limite à une rue piétonne, deux places et une cathédrale devant laquelle on fait défiler les enfants au son des fanfares le dimanche. Pas
mal de touristes alpagués par les marchandes de n'importe quoi, qui portent des jupes multiples et colorées et cachent des feuilles de coca sous leurs chapeau melon.
On visite les environs de la ville, découvrant sur les hauts plateaux andins un site funéraire battu par le vent, Sillustani, des tombes massives qui rendent ma boussole folle quand on
l'approche.
Notre hotel (le Cricarlet) nous met en contact avec une
guide locale, l'adorable Olga, dont la maman vit sur Amantani, l'une des îles du lac. Nous voulions à tout prix éviter de débarquer en groupe de 50 à qui l'on sert du pseudo folklore. Parfait, on
part à 4 avec un jeune couple de français... du sud-ouest ! Dieu que c'est bon d'entendre l'accent ! Chloé et Arnaud, tellement excellents qu'on va faire un bout de route avec eux.
Le jour dans ces hauteurs est éclatant. Le soleil frappe sec. Rapidement l'eau du lac tourne en un beau bleu sombre émaillé de lumière.
Le bateau fait une première pause sur les îles artificielles du peuple Uros. Depuis 5 siècles et l'invasion inca, cette ethnie a trouvé refuge sur les eaux du lac, construisant des îles de
roseaux arrimés tels de gigantesques radeaux au fond vaseux... Incroyable. Le sol est souple comme un trampoline. Quand les roseaux pourrissent, on en rajoute une couche. Maisons, bateaux, tout
est tissé, tressé.
Ça pourrait être sublime sans les groupes de touristes. Faut voir l'invasion. Comment les gens respectent rien. Viens que je t'attrape le sauvage, mets-toi là,
souris pour la photo et prend ton nuevo sole (20 centimes d'euro).
Heureusement on se retrouve vite à nouveau tous les cinq, Chloé, Arnaud, Olga et nous. Sur l'île d'Amantani, on parle quechua, la langue inca. Les hommes portent des chapeaux noirs et les femmes
des robes rouges. Ici, le lac est une mer d'eau douce. Pas d'électricité, pas de route, pas de bagnoles, pas de policiers, pas de voleurs, pas de chien. Quelques ânes et quelques moutons. De
superbes vues sur le bleu de l'eau et la cordillère bolivienne enneigée. Les gens ici vivent en communauté - les relations sociales fonctionnent sur le principe de la réciprocité, je t'aide et tu
m'aides.
Dans la cuisine de la maison (la seule pièce chaude), on nous cuisine d'incroyables plats au feu de bois, Truites du lac. Soupe de quinoa. Crêpes au petit dej. On boit des décoctions d'herbes du
jardin. Olga nous amène voir le couché du soleil depuis Pachamama, montagne sacré (Terre Mère). Des portes de roche ponctuent l'ascension...
Le spectacle est magnifique.
Notre guide est adorable. Pour les gens qui nous liraient et qui seraient dans le coin : allez trouver Olga (olga_yina@hotmail.com) ! (saurez-vous trouver la vraie péruvienne au milieu de deux imposteurs ?)
On passe la nuit sous quatre couvertures en alpaga. Milliards d'étoiles. Nous n'avons jamais vu la voie lactée avec autant de précision.
Le lendemain, on visite une autre île, Taquile. Quelque chose de méditerranéen. Costumes traditionnels. Chaleur brûlante et air vif dès que tu passes à l'ombre.
Empruntant de jolis chemins pavés, on traverse Taquile de part en part. Tellement beau. Parfait.
Très belle rencontre avec Olga et sa maman. Jolies discussions. Voir un peu la vie des gens, ici. Ces deux jours passés loin du monde et de la civilisation font passer le Pérou dans le top 3 des
destinations préférées d'Amélie.
Notre équipe :
En rentrant à l'hôtel, on apprend que la route qui relie Puno à Cuzco, notre prochaine destination est bloquée depuis plusieurs jours par une manifestation
d'agriculteurs. Aucun bus ne part nous dit-on. Arnaud et Chloé finissent par trouver une compagnie qui tente le coup. On s'embarque avec eux... 30 dollars la balade. Cher. Le bus prend son temps
pour arriver avec la nuit à Cuzco, espérant que la route sera dégagée... On visite des sites archéologiques inca et pré-inca en route.
On trouve les premières barricades à la nuit noire. Des rochers partout, certains blocs énormes au milieu de la route qui grimpe. Le bus manoeuvre et slalome entre les gravats. La boîte de
vitesse pousse des hurlements. Ça tangue méchant. Ça gueule dans le bus dès qu'on s'approche de la ravine, à gauche. On arrive bien tendus. On quitte Chloé et Arnaud qui partent en trek pour
Macchu Pichu...
Cuzco, c'est l'ancienne capitale inca, là où le premier fils du soleil a planté un bâton d'or dans le sol, marquant l'emplacement du "nombril du monde". Superbe ville tout en montée où les
églises coloniales baroques se dressent sur les superbes murs incas.
Plaza de armas. Superbes cloîtres disséminés.
Le tout en brique rouge, sous un soleil éclatant. Joli quartier de San Blas.
On visite les sites incas des environs. Pour la première fois de notre voyage, on prend des tours organisés : on est un peu en roue libre, pour tout dire. Mais on a
de la chance, on est les seuls gringos dans tout un bus de péruviens ! Des bonnes soeurs, des familles avec des bébés qui braillent. Avec un couple de chinois on est surnommés "le groupe des
anglais" ! Les gens sont très prévenants avec nous. Ils nous font des sourires, veulent s'assurer qu'on comprend tout... Faut dire qu'on est morts de rire avec la guide dont on saisit un mot
d'anglais sur 12 (elle nous explique que les incas, astronomes, étudiaient la "Milky Why ?") On finit par rejoindre le groupe espagnol...
Le problème de Cuzco, "capitale archéologique de l'Amérique" c'est qu'elle est ultra touristique. On est tout le temps sollicité. J'envoie des "yo no hablo inglès" à longueur de temps.
On y mange mal et la nuit, les boîtes pour gringos, essentiellement anglo-saxons, font un boucan de tous les diables...
On est donc pas mécontents de partir visiter pour deux jours la vallée sacrée de l'Urubamba, là où se trouvent les plus importants sites incas de la région. Toujours en groupe organisé de
péruviens ! On visite des marchés colorés. Pisac. Ollantaytambo. Murs prodigieux des bâtisseurs incas. Édifices splendides, profanes, religieux et militaires, tout à la fois.
Le bus nous laisse dans cette dernière ville pour qu'on y
prenne le train (horriblement cher) qui mène à Agua Calientes, surnommé Macchu Pichu pueblo. De là, on comptait prendre un bus à l'aube pour avoir le site presque rien que pour nous... On
présente nos billets au militaire qui fait office de contrôleur avant d'embarquer... et on se fait virer comme des malpropres ! L'agence nous a fourgué des billets datés de la veille !
Quand je vous disais qu'on était en roue libre...
Nous voila donc sur un quai de gare, alors que la nuit est noire, dans un bled paumé d'une vallée paumée du Pérou ! Bien sûr tous les trains sont complets... On finit par atterrir dans un hôtel de bord de route glauque à souhait...
Heureusement, il restait de la place sur le train de 5h00 du mat, bondés d'insupportables français en groupe organisé (on est définitivement le peuple le plus
râleur du monde)... On arrive à intuiter pour passer devant tous les groupes et monter dans le premier bus dispo. Ce dernier s'élève sur une route de montagne étroite, dans la forêt de
nuages.
Nous voilà finalement arrivés avec quelques heures de retard à la "cité perdue des incas" ce rêve d'élégance qu'est Macchu Pichu.
Superbe état de conservation. Un bijou rehaussé d'un écrin incroyable : une montagne verte et dense, vertigineuse, dressée au beau milieu du ciel.
On passe cinq heures à se balader dans les ruines. Orchidées et fleurs sauvages.
La cité est immense. Magie évocatrice des ruines. Dément.
En se baladant on déloge les derniers habitants de Macchu Pichu : les lamas qui servent de tondeuses écologiques !
Invraisemblable que ce peuple qui ne connaissait pas
l'écriture n'est pas ressenti le besoin de sculpter la pierre, de peindre des récits. J'imagine un peuple de la parole. Un peuple bavard. Encore plus incroyable que les gens qui ont bâti cette
ville en haut d'une montagne (faut le voir pour réaliser l'exploit), cet empire qui s'étendaient de la Colombie au Chili ait pu être défait par quelques centaines de
soudards à cheval, les conquistadors.
Macchu Pichu, en plus d'être une oeuvre d'art, est un témoignage très émouvant.
On est de retour à Cuzco (où après avoir fait pleurer la dame de l'agence on s'est fait rembourser nos billets de train) et demain on prend l'avion pour Iquitos, la plus grande ville du monde
qu'aucune route ne rejoint. Au bord de l'Amazone.
On va au coeur de la forêt amazonienne, à 140 kilomètres dans la jungle. On espère voir un maximum de bestioles et bien se marrer !
On vous embrasse très fort ! A très vite !
Jules et Amélie...
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