Partager l'article ! A la dérive...: Coucou tout le monde ! On est revenu à la civilisation et on va pouvoir vous raconter nos derni ...
On est revenu à la civilisation et on va pouvoir vous raconter nos dernières aventures (et vu qu'on a trouvé la connexion la plus rapide du monde, balancer un
max de photos)... On a usé quelques millimètres de semelles et on a frôlé la déprime (même pas vrai) mais nous revoilà en forme. Merci pour vos si nombreux messages (mention spéciale à
Sophie et Manou !), merci à tous... Lisa, la balade dans la jungle colombienne, c'était une blague, y a des types qui ne sont toujours pas revenus de leur excursion "forêt vierge et marxisme",
là-bas... Les freus from Paris, vous nous manquez aussi ! On vous embrasse tous très fort...
Le lendemain de notre arrivée à Puerto Natales, on part à l'aube pour le Parc Torres del Paine. Des fenêtres du bus, on voit le jour se lever sur la route de gravier et le massif apparaître à
l'horizon. Prodigieux contrefort des Andes enneigé surmonté de trois tours acérées, les fameuses Torres. Des quatre coins du monde, on vient se mesurer au trek qui traverse de parc d'est en
ouest, le circuit W.
Les guanacos, impassibles, regardent passer les mini-bus chargés de touristes. On partage le nôtre avec des anglais assez fous pour aller camper sur ces hauteurs.
Notre chauffeur s'extasie sur les flaques d'eau qui reflètent le massif et nous oblige presque a sortir pour faire la photo !
On pose nos affaires au refuge et l'on part attaquer la première rando du trek, notre lunch-box à la main. C'est une belle journée d'automne austral aux couleurs prodigieuses. Dur au début. Jolie
rivière et sous-bois or et feu embrasant les montagnes noires et blanches. Le coin a de la gueule, faut dire...
Le problème, c'est que ce W, il est prévu pour être effectué l'été, quand il fait jour jusqu'à 22 heures. La fin de la balade est violente. Pierrier bien droit,
sévère pour les mollets. En haut les Torres, austères, drapées de nuages, dominent un lac vert-gris.
On redescend en jouant contre la montre : on a deux heures et demi pour refaire nos quatre heures de montée. On fait la route avec Raphaël, un chilien aussi
traînard que nous. On arrive au crépuscule. Dans notre dortoir (horriblement cher, un scandale), on sympathise avec un formidable couple de brésiliens, Michèle et William (ils sont géniaux les
brésiliens...).
Le lendemain, on prend un bateau sous une pluie battante, pour traverser un lac sublime qui nous conduit à un nouveau refuge. On se pose à peine et on attaque notre deuxième rando. Lente montée
jusqu'au glacier Grey. Vent de face glacial ! Après deux heures, on décide de s'arrêter au premier mirador : on ramasse trop ! Un type nous dépasse en converse trouées, portant des gants
mapa...
En redescendant, le soleil finit par percer : des arcs-en-ciel apparaissent sur les icebergs décrochés du glacier. Magique.
Journée de repos : "que" 4 heures de marche...
Le troisième jour, on attaque la balade la plus belle, la plus longue : la vallée des français. Les gars qui tiennent le refuge sont des crétins glandeurs et arnaqueurs. Refuse de te servir le
petit dej à 7h50 (alors que tout est prêt) sous prétexte que la salle n'ouvre qu'à 8 heures. Te filent des sandwichs à la salade et... à la salade !
Le tout pour 120 euros la nuit en pension complète ! Nous apprenons donc à brailler en espagnol. (Seb, scandalo ça se dit, non ?)
On fait la route avec un californien génial Etan, Nath ou Math (on a pas compris son nom) sous un soleil radieux. Les couleurs explosent. On marche
jusqu'à pénétrer une vallée dominée par le magnifique glacier des français. Un monstre blanc, vertigineux. Secoué d'avalanches que l'on observe bien à l'abri, sur le versant
opposé, en plein soleil...
Le bruit est assourdissant. Spectacle fantastique.
Nous escaladons un pierrier. Passons un sous-bois jusqu'à atteindre un cirque de montagnes nues que les arbres rouges semblent attaquer comme une rouille.
Le retour est nerveux. Comme d'hab, on arrive avec la nuit au bout de 10 heures de marche... En conclusion, ces 3 jours en pleine nature furent splendides. On a pu
mesurer la force des éléments et la résistance de nos corps : on est brisés de fatigue ! Mais franchement, je reste convaincu qu'on a aussi beau à la maison, vive les Pyrénées !
Après une journée de repos limité à Puerto Natales, on prend un bus au petit jour pour repasser la frontière argentine. Le nombre de français qu'il y a ici, c'est
pas croyable. Ça se la joue pas mal avec le "bout du monde" et les randos surgies des enfers (comme nous, quoi !). Franchement, on l'a un peu dure et on arrive avec la méga-loose à El
Calafate, dans le Parc National des glaciers. On trouve pas d'hôtel sinon une piaule tenue par une vieille aimable comme une cellule de Fleury-Merogis : arrghh ! (Papa, ce que je donnerai pas
pour les pâtes du dimanche !)
Le lendemain, départ à l'aube pour un tour de bateau sur le lago Argentino, plus grand lac du pays. Un réseau de canaux longeant les glaciers. Catamaran énorme gavé d'Italiens en groupe organisé.
Le genre qui te met un coup d'épaule pour te dégager et prendre une photo : des malades. Heureusement, le spectacle est féerique. Sous un ciel bas, on longe les montagnes, observant
l'étrange bleu des glaciers lécher la roche.
Le bateau serpente entre les icebergs qui déclinent des bleus incroyables et changeants.
On s'arrête sur une petite île pour marcher. L'eau charrie de la glace. La terre est noire. Paysage de superbe apocalypse.
Séparant les glaciers, des terres immenses et désertes, où les routes sont des pistes de gravier. Le lendemain, on trace dans ce néant en mini-bus pour
découvrir le glacier Perito Moreno, une gigantesque masse azur : plus grand que la ville de Buenos Aires ! Immense forteresse de glace. Dans ses crevasses, le bleu paraît noir.
On l'observe depuis des passerelles de bois, la glace rompt et chute dans un vacarme de tous les diables. Car la chose est vivante. Le glacier pousse, gronde et se
brise : il grandit !
On passe la journée avec un couple de français en long tour du monde (18 mois !) merveilleux, Marie et Bertrand (on se revoit en Antarctique, les gars !)
Bon, on va pas mentir, à ce moment-là, on est au fond du rouleau, au bout du gouffre... Et on se lève encore à 6 heures pour repartir dans la partie nord du parc des glaciers : El Chalten,
"capitale nationale de la randonnée", bigre...
On était venus ici dans l'espoir de se reposer, imaginant un charmant petit village de montagne. On a affaire à des baraquements de tôle disséminés dans une plaine glaciale : un Far-West !
Les bidons qui servent de poubelle se balancent dans le vent. Il y a des chiens errants partout. Notre piaule est décevante. Très vite, le temps devient
infect. Sous la pluie battante, El Chaten est l'endroit idéal pour tenir un séminaire "désespoir et randonnée" !
Heureusement la cerveceria du coin fournit une bonne bière et après 12 heures de sommeil un grand soleil nous attend. On part marcher toute la journée (on en a jamais assez, nous autres.)
Le coin est plus sec, plus rocailleux que Torres del Paine. Très beau. 6 heures jusqu'à un petit lac. Longeant un chemin de crête rocailleux.
En redescendant, on fait fuir une volée de perruches australes, vert pomme. Sublime. On était assez heureux de notre sort et voilà que le lendemain le temps
redevient horrible. Ici, quand il pleut, ça rigole pas. Le soir, notre sortie à la cerveceria s'est transformée en "trek du bistro" ! Fallait limite s'encorder ! Pluie glaciale de face, dans les
yeux. Vent qui te fait galérer pour avancer. On a deux doigts de renoncer et rentrer à l'hôtel sans manger. Morts de rire dans les bourrasques, les nerfs... La Base, sortez -nous de là
!
Bon, le soleil est revenu le lendemain. Belle balade d'automne pour s'approcher du Fitz Roy, cette masse fantomatique qui apparaît et disparaît derrière les nuages.
Malheureusement, au bout d'un moment les sentiers inondés ont cessé d'être praticables... Le soir même on quitte le bled. Nous voilà de retour à El Calafate. Pendant que je rédige le plus long post du monde, Amélie prépare notre arrivée au Pérou, dans une grosse semaine.
Demain on part pour 30 heures de bus, direction Bariloche, capitale du chocolat, la Suisse Argentine. On devrait se louer une voiture pour explorer la région des 7
lacs. Parce que marcher, ça va bien ! On vous racontera tout ça depuis Buenos Aires où l'on repasse pour deux jours avant de décoller pour Lima.
On espère que vous êtes tous en forme ! On vous embrasse bien fort. Jules et Amélie...
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