Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /Avr /2009 17:05

Coucou tout le monde !

 

On est revenu à la civilisation et on va pouvoir vous raconter nos dernières aventures (et vu qu'on a trouvé la connexion la plus rapide du monde, balancer un max de photos)... On a usé quelques millimètres de semelles et on a frôlé la déprime (même pas vrai) mais nous revoilà en forme. Merci pour vos si nombreux messages (mention spéciale à Sophie et Manou !), merci à tous... Lisa, la balade dans la jungle colombienne, c'était une blague, y a des types qui ne sont toujours pas revenus de leur excursion "forêt vierge et marxisme", là-bas... Les freus from Paris, vous nous manquez aussi ! On vous embrasse tous très fort...

Le lendemain de notre arrivée à Puerto Natales, on part à l'aube pour le Parc Torres del Paine. Des fenêtres du bus, on voit le jour se lever sur la route de gravier et le massif apparaître à l'horizon. Prodigieux contrefort des Andes enneigé surmonté de trois tours acérées, les fameuses Torres. Des quatre coins du monde, on vient se mesurer au trek qui traverse de parc d'est en ouest, le circuit W.


Les guanacos, impassibles, regardent passer les mini-bus chargés de touristes. On partage le nôtre avec des anglais assez fous pour aller camper sur ces hauteurs. Notre chauffeur s'extasie sur les flaques d'eau qui reflètent le massif et nous oblige presque a sortir pour faire la photo !



On pose nos affaires au refuge et l'on part attaquer la première rando du trek, notre lunch-box à la main. C'est une belle journée d'automne austral aux couleurs prodigieuses. Dur au début. Jolie rivière et sous-bois or et feu embrasant les montagnes noires et blanches. Le coin a de la gueule, faut dire...

 


 

 


 

 

 


































Le problème, c'est que ce W, il est prévu pour être effectué l'été, quand il fait jour jusqu'à 22 heures. La fin de la balade est violente. Pierrier bien droit, sévère pour les mollets. En haut les Torres, austères, drapées de nuages, dominent un lac vert-gris.


On redescend en jouant contre la montre : on a deux heures et demi pour refaire nos quatre heures de montée. On fait la route avec Raphaël, un chilien aussi traînard que nous. On arrive au crépuscule. Dans notre dortoir (horriblement cher, un scandale), on sympathise avec un formidable couple de brésiliens, Michèle et William (ils sont géniaux les brésiliens...).

Le lendemain, on prend un bateau sous une pluie battante, pour traverser un lac sublime qui nous conduit à un nouveau refuge. On se pose à peine et on attaque notre deuxième rando. Lente montée jusqu'au glacier Grey. Vent de face glacial ! Après deux heures, on décide de s'arrêter au premier mirador : on ramasse trop ! Un type nous dépasse en converse trouées, portant des gants mapa...


En redescendant, le soleil finit par percer : des arcs-en-ciel apparaissent sur les icebergs décrochés du glacier. Magique.

 


























Journée de repos : "que" 4 heures de marche...

Le troisième jour, on attaque la balade la plus belle, la plus longue : la vallée des français. Les gars qui tiennent le refuge sont des crétins glandeurs et arnaqueurs. Refuse de te servir le petit dej à 7h50 (alors que tout est prêt) sous prétexte que la salle n'ouvre qu'à 8 heures. Te filent des sandwichs à la salade et... à la salade !

Le tout pour 120 euros la nuit en pension complète ! Nous apprenons donc à brailler en espagnol. (Seb, scandalo ça se dit, non ?)


On fait la route avec un californien génial Etan, Nath ou Math (on a pas compris son nom) sous un soleil radieux. Les couleurs explosent. On marche jusqu'à pénétrer une vallée dominée par le magnifique glacier des français. Un monstre blanc, vertigineux. Secoué d'avalanches que l'on observe bien à l'abri, sur le versant opposé, en plein soleil...


Le bruit est assourdissant. Spectacle fantastique.

Nous escaladons un pierrier. Passons un sous-bois jusqu'à atteindre un cirque de montagnes nues que les arbres rouges semblent attaquer comme une rouille.










 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le retour est nerveux. Comme d'hab, on arrive avec la nuit au bout de 10 heures de marche... En conclusion, ces 3 jours en pleine nature furent splendides. On a pu mesurer la force des éléments et la résistance de nos corps : on est brisés de fatigue ! Mais franchement, je reste convaincu qu'on a aussi beau à la maison, vive les Pyrénées !









Après une journée de repos limité à Puerto Natales, on prend un bus au petit jour pour repasser la frontière argentine. Le nombre de français qu'il y a ici, c'est pas croyable. Ça se la joue pas mal avec le "bout du monde" et les randos surgies des enfers (comme nous, quoi !). Franchement, on l'a un peu dure et on arrive avec la méga-loose à El Calafate, dans le Parc National des glaciers. On trouve pas d'hôtel sinon une piaule tenue par une vieille aimable comme une cellule de Fleury-Merogis : arrghh ! (Papa, ce que je donnerai pas pour les pâtes du dimanche !)

Le lendemain, départ à l'aube pour un tour de bateau sur le lago Argentino, plus grand lac du pays. Un réseau de canaux longeant les glaciers. Catamaran énorme gavé d'Italiens en groupe organisé. Le genre qui te met un coup d'épaule pour te dégager et prendre une photo : des malades. Heureusement, le spectacle est féerique. Sous un ciel bas, on longe les montagnes, observant l'étrange bleu des glaciers lécher la roche.

 

 

Le bateau serpente entre les icebergs qui déclinent des bleus incroyables et changeants.






On s'arrête sur une petite île pour marcher. L'eau charrie de la glace. La terre est noire. Paysage de superbe apocalypse.









Séparant les glaciers, des terres immenses et désertes, où les routes sont des pistes de gravier. Le lendemain, on trace dans ce néant en mini-bus pour découvrir le glacier Perito Moreno, une gigantesque masse azur : plus grand que la ville de Buenos Aires ! Immense forteresse de glace. Dans ses crevasses, le bleu paraît noir.















On l'observe depuis des passerelles de bois, la glace rompt et chute dans un vacarme de tous les diables. Car la chose est vivante. Le glacier pousse, gronde et se brise : il grandit !







On passe la journée avec un couple de français en long tour du monde (18 mois !) merveilleux, Marie et Bertrand (on se revoit en Antarctique, les gars !)


Bon, on va pas mentir, à ce moment-là, on est au fond du rouleau, au bout du gouffre... Et on se lève encore à 6 heures pour repartir dans la partie nord du parc des glaciers : El Chalten, "capitale nationale de la randonnée", bigre...











On était venus ici dans l'espoir de se reposer, imaginant un charmant petit village de montagne. On a affaire à des baraquements de tôle disséminés dans une plaine glaciale : un Far-West !


 Les bidons qui servent de poubelle se balancent dans le vent. Il y a des chiens errants partout. Notre piaule est décevante. Très vite, le temps devient infect. Sous la pluie battante, El Chaten est l'endroit idéal pour tenir un séminaire "désespoir et randonnée" !

Heureusement la cerveceria du coin fournit une bonne bière et après 12 heures de sommeil un grand soleil nous attend. On part marcher toute la journée (on en a jamais assez, nous autres.)

Le coin est plus sec, plus rocailleux que Torres del Paine. Très beau. 6 heures jusqu'à un petit lac. Longeant un chemin de crête rocailleux.






























En redescendant, on fait fuir une volée de perruches australes, vert pomme. Sublime. On était assez heureux de notre sort et voilà que le lendemain le temps redevient horrible. Ici, quand il pleut, ça rigole pas. Le soir, notre sortie à la cerveceria s'est transformée en "trek du bistro" ! Fallait limite s'encorder ! Pluie glaciale de face, dans les yeux. Vent qui te fait galérer pour avancer. On a deux doigts de renoncer et rentrer à l'hôtel sans manger. Morts de rire dans les bourrasques, les nerfs... La Base, sortez -nous de là !





Bon, le soleil est revenu le lendemain. Belle balade d'automne pour s'approcher du Fitz Roy, cette masse fantomatique qui apparaît et disparaît derrière les nuages.































Malheureusement, au bout d'un moment les sentiers inondés ont cessé d'être praticables... Le soir même on quitte le bled. Nous voilà de retour à El Calafate. Pendant que je rédige le plus long post du monde, Amélie prépare notre arrivée au Pérou, dans une grosse semaine.

 

 


Demain on part pour 30 heures de bus, direction Bariloche, capitale du chocolat, la Suisse Argentine. On devrait se louer une voiture pour explorer la région des 7 lacs. Parce que marcher, ça va bien ! On vous racontera tout ça depuis Buenos Aires où l'on repasse pour deux jours avant de décoller pour Lima.

On espère que vous êtes tous en forme ! On vous embrasse bien fort. Jules et Amélie...

Par jules et amélie - Publié dans : Argentina-Chile
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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 21:59

Coucou tout le monde !

Un petit post en provenance d'un nulle part chilien, Puerto Natales, dernier petit coin de civilisation avant la pleine nature du parc national Torres el Paine où nous partons demain pour plusieurs jours de trek...
On a pas mal de choses à vous raconter... Merci pour tous vos commentaires, les amis, on adore toujours autant ! Hello au café Culico !  Bravo la famille pour les chemins de Saint Jacques... Vous êtes fin prêts pour la patagonie !
On vous embrasse tous très, très fort.

On a donc atterri à Buenos Aires et il a fallut vite s'adapter à cette nouvelle destination. Dès notre arrivée à l'aéroport, jongler entre les vrais et les faux taxis pour arriver à payer un prix correct et se faire déposer à notre hôtel, en plein centre ville. Premiers jours un peu galère et remuants dans cette capitale. De grandes avenues bruyantes où les chauffeurs, si tu as le malheur de traverser au rouge, accélèrent pied au plancher pour te rouler sur le corps (j'exagère a peine). Ils sont malades les argentins, en voiture. Les porteños (habitants de Buenos Aires) sont de vrais capitalins, speed, pas forcément aimables. En plus, notre appareil photo nous lâche dès notre arrivée... On passe deux jours à arriver à le faire réparer.


Heureusement, on finit par trouver un adorable quartier, San Telmo, qui nous plaît beaucoup plus que les artères bruyantes du centre ville.


Rues pavées, petites terrasses ombragées où l'on danse le tango pour quelques pesos et boutiques d'antiquités à chaque coin de rue (maman tu adorerais)...

 


Et puis une ville qui compte autant de librairies (il y en a partout) ne peut pas être foncièrement mauvaise... Quel bonheur de trouver des romans en français, vous n'imaginez pas !

 





















Nous passons donc quatre jours à Buenos Aires avant de nous envoler pour Ushuaia. Toujours un peu galère, notre avion ayant changé d'aéroport sans que personne ne songe à prévenir les passagers ! On arrive tout de même à le récupérer à l'autre bout de la ville, grâce à un taxi arnaqueur digne d'un Fangio.

 

Seb, tu vas trouver qu'on est pas super originaux de débarquer dans la ville de Nicolas Hulot (on pense à aller découvrir la jungle colombienne, un peu plus tard).

Ushuaia est une petite ville triste et colorée, battue par un vent glacial, entourée de montagnes enneigées. Elle se love au bord du canal de Beagle. Au-delà, c'est le Cap Horn, puis l'antarctique. De gros bateaux, au port, attendent leurs derniers passagers pour le continent blanc. 2000 dollars les 14 jours de croisière...

 

 
 
Les maisons sont en tôle rouge, verte ou bleue. Pas mal de chiens errants. Joli petit néant au sud du monde. D'étranges inscriptions sur les murs.







Des panneaux publicitaires encore plus bizarres...

Et celui-là, comprenne qui pourra...




On se trouve 8 autres passagers aussi fous que nous pour aller faire un tour de voilier sur l'eau glacée du détroit de Beagle. Le paysage est superbe. On frôle des rochers couverts de cormorans et de lions de mer. La lumière passe et se fond dans les embruns et la brume,

 

 

On accoste sur une petite île. On marche sur une lande rêche et désolée. Eau translucide. Algues arrivant de l'autre bout du monde. Oiseaux aux yeux rouges.

 

 Le lendemain, la pluie tombe sans discontinuer. On visite les musées de la ville. Réalisant qu'ici, tout est légende, histoires de naufrages, de navires bloqués par les glaces, de pirates contrôlant le point de passage entre les deux océans. Les noms sont évocateurs dans le coin. Port de la faim. Baie Inutile. Baie du dernier espoir.

On récupère un bus à 4h40 du matin pour passer au Chili. Les sièges sont raides. L'engin, glacial. On file dans la nuit. On nous fait sortir au milieu de nulle part. Changer de bus. Sortir à nouveau dans le vent, au beau milieu de steppes gelées, pour passer les postes-frontières. Long. Dur. Nous voilà au Chili. Le bus enchaîne les kilomètres sur une piste non goudronnée, levant un nuage de poussière grise qui engloutit le peu de paysage. On s'arrête au bord du détroit de Magellan. Lieu mythique. Grève noire, 1520, le premier tour du monde de l´Histoire. Là où le Pacifique se mélange à l'Atlantique...

Dans les bourrasques de vent, sur le bateau qui nous fait traverser, on voit des dauphins blancs et noirs (dauphins de tonina). Nous nous posons enfin à Puerta Arenas, la ville du détroit. Une place carrée. La statue de Magellan. Tôles de couleurs. On les aime bien ces petites villes. Elles deviennent attachantes.

 

 

 On se promène. On mange bien. Viande excellente et pause chocolat...

 

 

Ça, c'est histoire de vous dire qu'on se soigne, même au bout du monde !

Tout autour, c'est la nature triomphante et sauvage. Il n'y a rien, sinon des étendues vierges balayées de rafales. Les arbres sont rouge, or, feu. Penchés à l'horizontale. Nous sommes au début de l'automne austral. En roulant, on voit des renards, des nandus (sorte d'autruches) et des guanacos (lamas patagons) errer dans ce décor.

 

 

 

Un seul regret : les pingouins ont quitté le coin, ils sont partis en Antarctique... On est arrivé trop tard. Bon, on a quand même réussi à en voir quelques uns, coincés dans une estancia... 
 


Pour les petits, un pinguino de Magellan...

Nous sommes donc arrivés aujourd'hui à Puerto Natales, porte d'entrée du Parc Torres el Paine, réputé pour être l'un des plus beaux du monde. On va partir marcher, entre 3 et 5 jours, selon le temps. On devrait vous ramener de superbes images. La Patagonie nous plaît,

On vous embrasse tous bien fort...

Jules et Amélie, tout au Sud.






Par jules et amélie - Publié dans : Argentina-Chile
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 15:43

Bom dia tout le monde !

Depuis Buenos Aires, où nous sommes arrivés hier, on se prend un petit moment pour vous raconter la fin de nos aventures brésiliennes... Merci pour tous vos commentaires, vraiment ! Marie-Claude, nous n'avons pas appris à danser la samba, non, peut-être le tango ? La Base on espère découvrir à notre retour votre identité secrète (on a quelque idée...) ainsi que celle de votre dactylo susceptible (ce blog est émaillé de fautes d'orthographe, d'ailleurs je sens que mon français régresse...) Nathalie, un très très bel anniversaire, ainsi qu'à Bert, Eric (on croit) et Caro... On vous embrasse tous bien fort !

Depuis Ouro Preto, cette jolie ville baroque où nous vous avions laissé, on a prit un bus à 6 heures du mat (dur) pour retourner à Sao Paulo... Avec la pluie battante et les embouteillages monstres de la mégapole, on a mis 12 heures pour arriver à bon port. Une nuit misérable dans notre pousada trop chère (depuis notre chambre on avait l'impression de dormir directement dans l'avenue tellement c'était bruyant, toutes ces bagnoles) et nous voilà repartis, en avion cette fois, pour Foz de Iguaçu...

Nous sommes au sud-est du Brésil, à la double frontière d'avec le Paraguay et l'Argentine. Daddy, avec sa renversante culture, a raison, c'est ici que se trouvent les hallucinantes chutes d'eau que l'on voit dans le film Mission. La chaleur est étouffante. Le soleil brûle. Exactement la même atmosphère qu'en Inde. Foz de Iguaçu n'est pas une jolie ville, mais notre pousada est très bien. Piscine et télé câblée pour 20 euros... Mario, le jeune argentin fou de foot qui la tient, adorable. Il me chambre sur la défaite de la France face à son équipe il y a quelque temps... Heureusement, quelques jours après, l'Argentine se fait rosser 6 à 1 face à la Bolivie... Ah, le football !

Nous allons donc voir ces superbes chutes. D'abord coté brésilien, le plus scénique.
























On est au coeur d'une nature sauvage et rugissante, on suit des sentiers qui longent les chutes d'eau. Il y a des papillons partout, très beaux, qui se collent à nous dès qu'on fait une pause.

La chaleur est écrasante. Le soir, on va manger dans une churrascaria, ces barbecues à volonté délicieux et dangereux - je reprends tous mes kilos perdus pendant le voyage !

Le lendemain, un mini-van nous fait passer la frontière argentine. Ce côté-là des chutes est encore plus beau et encore plus sauvage car on s'approche au plus près de leur invraisemblable fracas.















 


 




La "Gorge du diable" porte bien son nom, croyez-nous...


On passe toute la journée à se promener dans les sentiers, avec ces centaines de papillons, et d'autres creatures plus étranges encore qui débarquent au détour d'un chemin : des coatis...

 

 

 

 

 

 

 

 

 













Ou, passant un petit pont, on s'aperçoit qu'il y a un caïman en bas qui se dore au soleil.

 

Le soir, on prend un bus de nuit pour rejoindre Curitiba. Une dizaine d'heures de voyage, réveillés par la police qui fouille nos sacs... Tout confort tout de même. On arrive à l'aube et l'on récupère un train qui descend vers la mer. Cette ligne est réputée pour passer par de superbes points de vue. Mais à cause du brouillard, point de vue, justement ! De vertigineux a-pics dans les nuages.

Arrivés à Morretes, on prend un bus local pour Paranagua. De là on embarque sur un bateau de pêche qui en deux heures et sous une pluie diluvienne, nous pose à Ilha do Mel, l'île du miel.

Sacrée balade. C'est que le coin est reculé, vraiment. Sur l'ilha do mel, il n'y a rien. D'ailleurs 95 pourcent de sa superficie est interdite aux hommes. Réserve de biosphère. Pas de voitures, bien sûr. Pas d'éclairage public. La rue principale :























Le soleil revient le lendemain. Toute la journée à aller de plages désertes en plages désertes. L'océan rien que pour nous...




Le jour suivant on se loue des vélos et l'on part explorer l'île. On tombe sur un fort du 18ème siècle. Des vautours noirs partout. Des dauphins viennent nous voir alors qu'on barbote ! Superbe, merveilleux isolement.

 

 

 

Isolement le jour car la nuit, c'est une autre histoire ! Notre pousada est pas loin de la pizzeria-boite-de-nuit de l'île (le Bora-Bora qui joue du reggae pourri-pourri) Ajoutez à ça que le voisin avait décidé de construire une maison vers minuit ! Cela aurait été le problème au Brésil : en 1 mois, je n'aurais bien dormi que 2 fois ! Sinon, quel pied, vraiment... Gentillesse des gens (muito obrigado Juliano e Anna !), paysages superbes et sauvages, monde naturel omniprésent, très bonne bouffe (même si on a pas été préservé des touristas carabinars !) .

27 jours passés à toute vitesse. Encore un bateau, deux bus et un avion plus loin et nous voila en Argentine. Nous allons rester 4 jours à Buenos Aires pour préparer notre séjour en Patagonie. Le 10 nous serons Ushuaia, à l'extrême sud du monde... Prenez soin de vous et pour lire nos aventures, une seule adresse :




On vous embrasse très fort, petits et grands !

P.S : poster ici aura été héroïque, croyez-moi !

Par jules et amélie - Publié dans : Brazil
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Samedi 28 mars 2009 6 28 /03 /Mars /2009 20:39

Salut à tous !

Des nouvelles fraîches de notre deuxième semaine brésilienne !

Elsa, donne-nous ton adresse (je n´arrive pas à t´envoyer un mail) ! Papa, maman on est prudents (il faut l´être ici), pas d´inquiétudes, je vais essayer de vous appeler dès que possible... On vous embrasse tous très fort... A bientao comme dirait Céline !

Après avoir passé 3 jours sur une île déserte et paradisiaque, l´arrivée à Rio, c´est tout de même un choc... Surtout que le "filon français" commence à se raréfier... On est en effet accueilli assez mollement par le proprio et sa fille, qui semble tous deux atteints de chikungunya : c´est pas vraiment des rapides ni des enthousiastes ! En prenant l´apéro dans la pousada, on découvre qu´il n´y a là que des français, dont la plupart bossent chez Air France (on nous conseille d´aller passer un week-end en Afrique du Sud !)...



Nous logeons à Copacabana (vous vous rappelez de la chanson ?), jolie petite plage et quartier craignos ! On sent qu´il faut faire gaffe à Rio. Dans les rues autour de la pousada, des gars dorment par terre. Fumeurs de crack nous expliquera-t-on. Un des français se fera agresser la veille de notre départ.

Rio est une ville difficile à appréhender. Coincée entre la mer et les montagnes, les quartiers riches et les favelas se font face, parfois de chaque coté de la rue. Les zones aisées fuient vers le sud, puis vers l´est : les quartiers pauvres les rattrapent toujours. Copacabana, c´était la classe dans les années 80. Aujourd´hui, il faut aller à Ipanema pour rester entre riches.


Le lendemain, on part avec Fanny, la fille du proprio en balade dans la ville. C´est elle qui nous explique tout cela, cette cohabitation entre ces mondes. Heureusement, le gouvernement de Lula semble s´occuper très sérieusement de ce problème, essayant de réintégrer ces quartiers dans la ville et, à ce qu´on nous dit, les choses s´arrangent doucement...

Des hauteurs, un Christ rédempteur embrasse toute la population de Rio, joggeurs ultra musclés, nénettes aux décolletés plongeants, petits vieux, jeunes braillards des favellas et fumeurs de crack...



On grimpe le Corcovado, observer la ville surgir de la brume. Qui savait que le Christ rédempteur était l´oeuvre d´un sculpteur français ?

















La photo qu´on était 60 à faire...








De là, nous partons visiter le centre de Rio et un quartier génial : Santa Thérésa. Surnommé le petit Montmartre de Rio (ah, Montmartre...), c´est un ancien quartier huppé que la presence de favelas tout autour a condamné à l´abandon... Rues pavées, superbes maisons, petit tram à 20 centimes de Real la course... Un artiste local (qui proclame que "vivre dans une favela, c´est un art") a pavé tout un escalier et une partie de la rue de faïence venue des quatre coins du monde...

 



Nous prenons le funiculaire qui nous mène au Pain de sucre, jolie montagne laissant voir la baie de Rio.

 


La nuit, on ne se déplace qu´en taxi... On se motive et l´on part en boite à Lapa, le quartier des clubs de Samba ! L´endroit qu´on nous a recommandé est excellent. Plusieurs groupes se succèdent dans un vieil immeuble de trois étages, rempli d´antiquités.










On ne devait rester que trois jours à Rio, mais nous découvrons que deux des clubs les plus populaires de la ville s´affrontent au Maracana, l´immense stade mythique du Brésil... Un derby, Vasco de Gama contre Flamengo...

Près de 80 000 personnes complètement folles dans le stade. Des tifos rouges, noir et blanc. Impressionnant. Par moment, on sentait le stade vibrer sous les mouvements de la foule.










Les gars s´insultent, se font des doigts et des bras d´honneur entre deux signes de croix ou deux prières... Vu  qu´on nous a mis dans les tribunes avec les fans de Flamengo, on supporte cette équipe de chèvres (Christophe, on dirait l´OM !)

 


Ici, même les gardiens font des passements de jambe ! Y a pas un seul type qui défend ! Vasco gagnera 2 à 0, et le match finira à 9 contre 8...

 

A présent, il nous faut nous débrouiller seuls, on apprend donc à faire croire que l´on parle portugais... On file visiter pendant une petite semaine le Minais Gerais, cette ancienne région de l´or, bâtie sur le sang et la sueur des esclaves. Entre les 16ème et 18ème siècles, cette région, a quelques centaines de kilomètres au Nord de Rio, était extrêmement puissante. Ses villes, plus peuplées que New-York, des repaires de brigands, extrêmement débauchées. Du coup, on construisait des églises. Et les meilleurs artistes baroques travaillaient pour quelques kilos d´or...

 

 


Certaines églises sont recouvertes de plus de 450 kilos d´or ! Ces cités, jadis puissantes, sont à présent de petites villes tranquilles et endormies. Maisons blanches alignées, artisans et chiens errants.

 

Les lieux sont très impressionnants. Les Christ massacrés et sanglants. Coiffés de véritables cheveux offerts par des pénitents. Les saints sont carnavalesques. Des pantins fait pour être exhibés dans la ville lors des processions. La nuit les esclaves construisaient leurs propres églises, après avoir souffert le martyr dans les mines d´or. On visite Sao Joao del Rei, puisTiradentes, charmant petit village tres préservé, entouré de foret vierge.


On rencontre un gardien de consigne qui parle français à la gare et un authentique chercheur d´or qui nous offre des cristaux de roche. Les brésiliens sont vraiment adorables. On part dans les montagnes, à Ouro Preto. Jolie cité étudiante, où ces derniers tiennent des "républiques" sorte de bars privés où ils poussent la sono à fond. Pas de chance, on a une de ces républiques en face de chez nous ! Ce soir il y a un concert d´"extrême-samba" ! On va essayer de s´y incruster...

Ouro Preto :

 


Si nous galérons parfois pour nous faire comprendre, on arrive très bien à se débrouiller au resto... Ici, la bouffe est considérée comme la meilleure du Brésil et elle se sert au kilo (5 euros le kilo) ! Il n´y a qu´à se servir et peser son assiette.

On a prit un vieux train ce matin pour aller visiter une autre de ces villes coloniales figées : Mariana. 



Le problème, c´est qu´il pleut tout le temps ! 


 Notre petite semaine culturelle s´achève demain, et franchement, on est content. Ces villes sont superbes mais calmes, trop calmes ! Le temps s´y écoule trop doucement !

Demain on repart pour 10 heures de bus direction Sao Paulo puis on prend l´avion pour Iguacu, les fameuses chutes a la frontière entre le Brésil, l´Argentine et le Paraguay...

On vous embrasse très fort !

Jules et Amélie...


Par jules et amélie - Publié dans : Brazil
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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /Mars /2009 20:35

Salut à tous, fidèles lecteurs !

Depuis Rio de Janeiro (où nous n´oublierons pas de monter là-haut) un petit post pour vous raconter notre première semaine brésilienne... On vous espère en forme et l´on souhaite un très joyeux anniversaire à mamie de Béziers, à Béatrice, à Elodie et à Guillaume... Prenez bien soin de vous ! Bises, Jules et Amélie.

On s´est trouvé une pousada (guesthouse locale) très sympa à Sao Paulo (prononcez Sam Paolo), au coeur de Jardins, le quartier résidentiel chicos où les bons restaurants se partagent les trottoirs avec les magasins de créateurs. Tranquille... Car Sao Paulo, ma parole, ça fout un peu les chocottes...



Après une aprem de repos, on part visiter le centre ville, le plan du Lonely Planet découpé dans la poche, l´itinéraire repéré à l´avance, en claquette et sans sacs... Bref, prudents. Cette ville est très impressionnante, quelques jolies places au milieu d´immeubles décrépis et tagués.

Le tout est très sale, louche. De belles eglises baroques ocres, aux plafonds de bois abritent des Christ particulièrement torturés... On monte tout en haut d´un bel immeuble, réalisant que tout l´horizon de Sao Paulo n´est qu´un champ de buildings.


 
























Pas mal de gueules qui traînent, qui se font des signes  en nous désignant d´un hochement de tête... Des prêcheurs complètement fous qui te hurlent dessus en te montrant la Bible... Au final, aucun problème.

Les brésiliens sont vraiment adorables, ils font l´effort de nous comprendre quand je baragouine un espagnol trafiqué (je colle des ao a la fin des mots...)

J´adore leur langue... Ils nous font des sourires tout le temps. Ici, on communique par clin d´oeil, en levant les pouces, en se marrant...

 

On arrive à trouver un bus (très, très confortable) qui nous amène à Paraty, à quelques 300 kilomètres de là... Paraty, c´est une cité coloniale du 18ème siècle, blanche et  piétonne, coincée entre la mer et la "mata atlantiqua", la foret vierge atlantique...

On trouve la pousada la moins chère de la ville, entre la gare routière et la station-service. De notre porte, on voit toute la végétation d´un jardin touffu où les colibris viennent butiner le matin...

On a même un chien ("Carpette") qui monte la garde devant notre porte. Le patron parle français et écrit sur une Olivetti Tropical. Du coup on s´y sent bien, même si la nuit, avec les sonos improvisées des jeunes du quartier, on ne dort pas très bien...



Paraty, c´est une île de Ré tropicale... C´est dire si on apprécie... On a parfois l´impression d´être dans une autre époque. Les murs blanchis à la chaux, les pavés irréguliers, les couleurs...








Ici, on est sous les tropiques, et tous les jours, des averses orageuses tombent sur la ville et l´inondent.

On rencontre Yves, un marseillais exilé à Paraty, qui tient une merveilleuse crêperie (Le Castellet). Le courant passe bien, il nous file plein de tuyaux, nous conseillant d´aller trouver Georges sur le port, un japonais qui, sur son bateau, emmène les touristes en balade !

Le Georges en question, c´est le vrai aventurier  et l´on part sur son navire, le lendemain, sous la pluie, d´île en île, dans une eau verte et sublime, s´arrêtant pour manger du poisson et des crevettes, ou boire una cerveija bem gelada...



Verte, je disais ?



On retourne prendre l´apéro chez Yves et l´on parle de la suite de notre itinéraire, il nous conseille une pousada à Ilha Grande, tenue par des français, il appelle pour nous nous donne encore plein de conseils : merci pour tout Yves le marseillais de Paraty !




Après une dernière journée dans la ville, on prend un bus local (bien pourri, cette fois) puis un bateau de pêcheurs coloré qu´on galère à trouver (une escoune, disent-ils) direction le paradis... Car Ilha Grande, c´est vraiment le paradis, sans blague.

Cette île fut un repaire de pirates, puis une léproserie, enfin une Alcatraz brésilienne jusque dans les années 50. Du coup, elle n´a jamais été vendue au tourisme et aux promoteurs... Il n´y a là qu´une ville, qui se résume à deux rues, aucune voiture, une foret vierge dense et des centaines de plages désertes qu´on atteint (pour certaines) après plusieurs heures de marche dans la jungle...

On est accueilli par Claude (pousada Mara E Claude) un papi vieux loup de mer qui vit au Brésil depuis 50 ans. Toujours torse nu, il semble passer ses journées à boire des bières en regardant la mer. De notre terrasse, on voit les bateaux de pêche aller et venir, ramener les touristes de plages en plages.



























Sur toutes ces petites plages, des bistrots où siroter une caipirinha (Dieu que ça cogne) en regardant la pluie arriver, à l´abri sous les palmiers... Ce qui est génial, c´est d´être au milieu des brésiliens, qui eux aussi visitent leur pays, vont à la plage, sortent...

Le soir on mange aux chandelles, les pieds dans le sable, des plats de fruits de mer cuits au lait de coco et au vin de palme (extraordinaire). Cyril, tu adorerais ce coin.

L´aspect sauvage de l´ile la rend plus attachante encore. Le matin des vautours noirs rodent sur la plage.

 En marchant dans la foret, on tombe sur des singes-écureuils à la queue rayée...

























Vous l´avez compris pour l´instant le Brésil nous fait grosse impression ! Paysages sublimes, gens adorables, bouffe excellente et prix divisés par 4 par rapport aux Etats-Unis... Claude a appelé pour nous une nouvelle pousada tenue par des français à Rio (quand on parle pas la langue...) 

On a pris une nouvelle fois le bateau, en compagnie de deux parisiens adorables et on est arrivé à Copacabana il y a quelques heures. Nous allons rester trois jours à Rio puis partir vers le nord, visiter d´autres cités coloniales dans l´arrière-pays. On vous racontera tout ça car nous sommes attendus pour l´apéro !

A très bientôt ! Jules et Amélie





Par jules et amélie - Publié dans : Brazil
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